dimanche 2 mai 2010

Duendes - Vieux Cochons











Jean Mi et son fils de combat et "de philosophie"

Thomas découvre son petit frère argentin ; papa Schwartz fut de la tournée en 1986...






Match : Duendes - Vieux Cochons du SCUF
Score : 57 - 7
Terrain : Club de Rugby et de Hockey de Duendes, Rosario, Argentine
Pelouse : sèche mais fournie
Humidité : sous les bras
Feuille de match : 1 essai (Hanna) 1 transformation (Crochet)
Homme du match : J.B. Grandvaux
Corbier d’or : Lolo Crochet

Le choc


Comme tout à chacun le sait, le club de Duendes est le champion d´Argentine et fournisseur de joueurs à la sélection des Pumas. C´est donc amoindrie, suite au départ de Chris et Philippe et passablement nerveuse, que la vaillante et toujours invaincue équipe des cochons aborde ce match final, apothéose de cette tournée rugbystique.

Nous avons retrouvé le soleil et la chaleur et les organismes fatigués se meuvent péniblement dans la ville de Rosario en ce jour de la fête du travail. Le matin, des cochons erraient dans les rues désertées afin de faire le vide dans leur têtes en prévision de la vigueur des prochains adversaires. Pour certains, faire le vide est plus facile que pour d´autres tant la rehydratation de la veille a été efficace.

En arrivant dans le magnifique complexe du club de Duendes de Rosario, les gorets réalisèrent que, non seulement leurs craintes étaient fondées, mais que l´adversaire avait été sous-évalué. Ils obervaient bouche bée les corps juvéniles et musculeux des joueurs qu´ils allaient croiser le reste de l´après midi en anticipant la rudesse des contacts à venir.

Un discours en anglais

C´est donc pour une fois dans un silence religieux et avec une concentration inhabituelle que les porcins suivaient les consignes de leur capitaine des vestiaires jusqu´à l´échauffement. Consignes qu´ils se sentirent obligés de suivre car exprimées en anglais suite au prèt généreux de deux joueurs non francophones par le club local.

« Il faut cacher le ballon et priver ces jeunes, prépubères pour certains, de jouer les ballons vers l’extérieur »


Le match de J.B.

Il faut dire qu´un joueur sort du lot en ce début de match. A peine 20s de jeu et déjà JB se met en valeur en écrabouillant le centre adverse venu tâter du lard un peu trop près. A ce moment précis et du reste pendant tout le match, personne n´imaginait que ce deuxième ligne de combat et de devoir, icône du SCUF, n´avait pas foulé un terrain depuis 5 ans ! Le rugby c´est comme le vélo, ca ne s´oublie jamais...

Les cochons prennent l´eau


A cause de la chaleur, le match est coupé en 4 quarts temps. Le premier round n´est en aucun cas celui de l´observation. Les cochons se livrent corps et âme au combat et font belle figure. La première pause « agua » ne leur sera pas salutaire : la reprise est très dure et se solde par 3 essais adverses sur des ballons de récupération. Sur ces actions, les vieux cochons semblent évoluer sous la loupe de Canal + tandis que les Peter Pan de Rosario s´envolent dans les espaces béants de notre défense ou plutòt des gorets agonisant au sol la langue pendante et le souffle court.

Nous passerons rapidement sur le 3ème quart temps à l`image du précédent. Pas le temps de ramener la balle au milieu du terrain qu´elle se retrouve déjà dans l´en but... Simplement, le coach adverse fait tourner ses joueurs pour ne pas qu´ils se claquent au cours de longues courses de 80m répétées sous la chaleur toujours accablante du jour.

La révolte des avants

Le début du quatrième ne change rien au sort des porcins : meurtris, étourdis et toujours fannis mais pas encore esbaudis ! Il faut faire preuve d´orgueil et, en cela, cette équipe soudée par 10 jours de tournée n´en manque pas. Alors que le capitaine suggère la clémence du corps arbitral pour abréger les souffrances porcine, Manu Enriquez sonne la révolte en refusant d´abdiquer : plutôt mourir que de demander la grâce.

Est-ce les invectives de Manu ou les consignes du match enfin appliquées, toujours est-il que le ballon ne va pas plus loin que le 9 et les temps de jeu s´enchaînent enfin. Mauls, pick and go, rucks : l´adversaire est malmené et il ne touchera plus le ballon au cours des 10 dernières minutes du match. Les vieux cochons connaitront l´apothéose technique (en date) de leur saison : l´essai du bout du monde. Sur une récupération au niveau des 22, les cochons enchaînent 6 temps de jeu uniquement dans l´axe, 18 passes avant contact et 14 joueurs qui touchent le ballon ( Denis cherchait encore ses lunettes de soleil ) et c´est l´inévitable Jean Marc qui vient voler le ballon aux avants pour franchir la ligne pour s´offrir un tableau de chasse impressionnant : 3 matchs et 6 essais. Au cours de l´accíon de sueño comme les journaux locaux le relatent sur leurs unes ce matin, le club des supporters unijambistes, Marco et Thomas, fidèles à leur mauvais esprit se demandaient quand arriverait la cagade. Constatant le succès de cette entreprise, ils durent se résoudre à se pincer pour vérifier qu´ils n´étaient pas victimes d´une hallucination.

Asado rapido


Assoifés et fourbus, les gorets savaient depuis Alumni et Bariloche qu’ils peuvent compter sur nos amigos argentinos pour retaper les corps et les gosiers. En effet, la cerveza était fria et nous attendait nos 500g de carne habituel par personne. Les cochons retrouvaient vite leurs esprits et les « bébés » de Rosario étaient bruyants à souhait.
Vint le temps des discours. Captain Franck et le président de Duendes rivalisait de finesse et de diplomatie pour clamer les valeurs fraternelles de notre si belle activité.
On remit alors les récompenses. Les VC plébiscitèrent le 9 qui leur avait fait tourner la tête et mesurer leur inéluctable déclin. Les jeunots votèrent pour Jean Mi, votre serviteur, pour une seule action, mais de valeur : le piétinage de leur capitaine qui avait tenté d’écrouler un de nos mauls... Quand on vous dit que ces argentins sont grands seigneurs et qu’íls partagent de saines valeurs avec nous autres...
Le corbier d’or fut remis à Lolo Crochet qui passa son match à réclamer qu’on change « ce ballon pourri » qui lui fit rater une partie de ses coups de pied.
Si ces rituels sont habituels, nous fûmes par contre surpris de voir les tables se plier à peine une heure après le début de la réception. Mais il fallait comprendre tous ces gamins. Ils devaient tous rentrer chez eux pour demander la permission à leurs parents pour nous rejoindre à la discotheca.
On avait enfin un avantage sur eux...

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